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 Sujet du message: Re: Mettre fin aux distorsions historiques, un combat inachevé
MessagePosté: 23 Nov 2009, 08:54 
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Chene Millénaire
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Ce combat sera t-il achevé un jour ? :roll: Je ne le crois pas. :wink:

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 Sujet du message: Re: Mettre fin aux distorsions historiques, un combat inachevé
MessagePosté: 23 Nov 2009, 18:41 
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Chene Millénaire

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malegria a écrit:
Ce combat sera t-il achevé un jour ? :roll: Je ne le crois pas. :wink:


On achève plus souvent les comabttants, mais le combats lui ne s'achèvent pas souvent, putain faudra que la mette dans un texte celle-là :lol: .


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 Sujet du message: Re: Mettre fin aux distorsions historiques, un combat inachevé
MessagePosté: 23 Nov 2009, 18:46 
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Chene Millénaire
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christine a écrit:
moi j'ai pas vu le topic au départ :oops: je l'ai zappé, mais ça me fait penser à la guerre des Malouines entre l'Argentine et les anglais (il y a des réserves naturelles importantes qui interessent les anglais, quant à l'Argentine à l'époque c'était la junte militaire au pouvoir et en pleine déconfiture qui y a lancé l'armée argentine pour essayer de retrouver un peu de crédibilité et d'adhésion populaire, avec la défaite elle a signé son arrêt de mort et on va pas s'en plaindre), après il y a eu aussi l'accrochage entre le Maroc et l'Espagne pour l'île Persil (Perejil pour les espagnols, Leïla pour les marocains), un bout de caillou où il n'y a rien, et qui n'est qu'un pretexte qui concrétise les différents entre les 2 pays sur des problèmes plus graves (l'émigration, le Sahara occidental ... le Maroc accuse l'Espagne de soutenir la position du Front Polisario et ça leur plaït pas)
donc Anne, tes îles c'est aussi des bouts de cailloux (hiboux, genoux, y'a bien un x :lol: ), l'intérêt il est où? et pour le Japon et pour la Corée du Sud
la balle est dans ton camp :lol:


- Wikipédia -

Les revendications japonaises sur les Rochers de Liancourt se sont faites plus publiques. En 2005, le Japon a décidé d'instaurer un jour Takeshima, tandis que les manuels scolaires japonais relaient la position gouvernementale en affirmant la souveraineté japonaise sur les rochers de Liancourt.

Pour leur part, les Coréens ont fait des rochers de Liancourt un symbole de leur indépendance nationale vis-à-vis du Japon. En effet, les îles Dokdo ont été le premier territoire coréen à avoir été annexé par l'empire nippon en 1905.

« Une grande part de la colère de la Corée du Sud vient de la connaissance du fait que, en 1905, les Dokdo ont été la première parcelle du territoire coréen à avoir été annexée par le Japon. En cinq ans, le Japon avait colonisé l'ensemble de la péninsule. Les Dokdo « sont le premier territoire coréen à avoir été perdu au profit du Japon quand la nation a été dépouillée de sa souveraineté », a déclaré le Conseil national de sécurité coréen le mois dernier. « Ce n'est pas seulement une question territoriale, mais rien d'autre qu'un déni de l'histoire de notre libération nationale, de même qu'une justification de l'agression. » »

Au-delà du symbole politique, les îles représentent aussi désormais un enjeu économique et commercial de taille, source de litiges quant à la délimitation des zones économiques exclusives, déterminante pour la pêche et la prospection sous-marine (Douze millions de tonnes de poissons y étaient pêchés en 1985, avant les accords de 1998 et de 2002 entre les deux pays y limitant la pêche).

Est-ce que je répond bien à ta question?

Il y a pas mal d'autres ressources sur Dokdo mais en anglais, et je pense pas que ce soit la peine, vu que mon sujet est déjà dissuasif :roll:

Ensuite pour bien comprendre, il faut connaître un peu l'histoire des relations entre coréens et japonais.
Et savoir que toute référence à l'héritage coréen dans la culture japonaise est éradiqué. Il fut un temps où la Corée était beaucoup plus avancée que le Japon et dépêchait des missions culturelles pour aider son voisin à se développer. Beaucoup d'éléments de la culture nippone ont une origine coréenne (ex le kimono, le maki-sushi) et c'est proprement insupportable pour ces fanatiques.
La culture coréenne a été bannie sous l'occupation nippone. Les coréens ont été forcés à changer de nom, à ne plus apprendre leur langue... et en représailles les importations de biens culturels nippons ont été longtemps restreintes après la guerre. Les générations anciennes conservent un ressentiment de victimes mais il n'y a pas de racisme sous latent, et un respect de la supériorité économique du voisin.
La jeunesse nippone, qui n'a bien sûr aucune idée de ce qui se trame dans son dos, a totalement craqué pour la vague coréenne (hallyu) des soap opéras (grosse source à l'export pour la Corée) et beaucoup d'ados se sont mis à apprendre le Coréen. Cela n'a pas vraiment calmé les ardeurs des néofascistes, bien au contraire. C'est aussi pourquoi ils misent tant sur l'éducation des générations futures et le contenu des livres d'histoire.

Puisque tu aimes le foot, lors de la coupe du monde 2002 organisée dans les 2 pays, on en a parlé comme d'un défi vu leur passé houleux, mais bon, je comprends que tout le monde n'ait sûrement pas poussé jusque là...

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 Sujet du message: Re: Mettre fin aux distorsions historiques, un combat inachevé
MessagePosté: 23 Nov 2009, 21:02 
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Chene Millénaire
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oui, j'avais lu ça, et je voulais avoir ton avis
Citation:
Révisionnisme : le Japon repart à la conquête de la Corée
samedi 19 juillet 2008 par Japoninfos

Provoquant le légitime déchaînement des médias, du public et des dirigeants coréens*, le gouvernement japonais a finalement décidé de mettre en œuvre son projet de réécriture de l’Histoire** : les manuels d’histoire de l’archipel seront modifiés afin de repositionner les îlets coréens de Dokdo sous le drapeau nippon et sous le patronyme "Takeshima".

Pour rappel : ces cailloux également connus sous le nom moins polémique de "Rochers de Liancourt" font l’objet d’une véritable guerre des propagandes entre les deux voisins depuis que les ultra-nationalistes japonais, encouragés par les gouvernements Koizumi puis Abe, se sont mis en tête de les revendiquer.

Le Japon les avait pourtant reconnus comme coréens à la fin du XIXe siècle... mais entre-temps le pays s’est découvert des ambitions impériales. Et, en 1905, sa première conquête hors du territoire nippon était ce bout de territoire au large d’Ullung-do.

De même que la mer de Corée a été rebaptisée mer du Japon, Dokdo ("Île lointaine" en Coréen) a alors été rebaptisée Takeshima, ce qui signifie "Île aux bambous". Il est bien évidemment impossible pour un bambou de pousser sur un sol aussi stérile, mais le nom est particulièrement pertinent si l’on considère ce que symbolise le bambou : quand cette plante prend pied sur un terrain, elle s’avère très difficile à éradiquer.

Dokdo / Takeshima ne représente donc pas un simple enjeu économique classique lié aux frontières des eaux territoriales (laissons de côté les enjeux écologiques, les Coréens épuisant désormais les ressources naturelles avec presque la même efficacité que les Japonais) : pour le mouvement ultra-nationaliste japonais, c’est un symbole essentiel, le point de départ de la conquête, l’épicentre de l’impérialisme triomphant.

En fait, quand les ultra-nationalistes revendiquent "Takeshima", c’est exactement comme s’ils réclamaient le retour de "Keijo / Gyeongseong" (alias Séoul) dans le giron impérial.

La polémique sur Dokdo s’inscrit dans le climat détestable entretenu par les visites régulières de Koizumi et Abe au site de Yasukuni (où reposent parmi les héros de la nation des criminels de guerre de sinistre mémoire dans toute l’Asie). Ces provocations ont pour effet de raviver les nationalismes dans tous les pays victimes de la barbarie impériale à commencer par la Chine et la Corée... où le territoire de Dokdo fait désormais l’objet d’un traitement démesuré dans les médias avec un focus dans chaque bulletin météo.

Ce débat sur la territorialité n’existe que parce que ces quelques mètres carrés ont été mystérieusement éludés dans le Traité de Paix de San Francisco du 8 septembre 1951. Il convient de rappeler que juste après la capitulation, une "paix des non braves" avait au préalable été conclue entre Japonais et Américains : si les Américains ont refusé de traduire les criminels de guerre nippons pour crimes contre l’humanité, c’est afin d’éviter d’être eux-mêmes poursuivis pour leur usage de l’arme nucléaire sur des civils. Il n’est pas non plus inutile de rappeler que ce Traité de San Francisco a été signé en pleine guerre de Corée et en plein conflit entre la Chine et Taiwan, fournissant à ses deux principaux protagonistes l’excuse idéale pour éviter d’inviter les pays les plus directement concernés par les exactions impériales.

Cette "paix des non braves" est donc l’une des principales raisons pour lesquelles aucune justice n’a été apportée aux innombrables atrocités commises dans toutes les nations victimes et en particulier en Corée, un pays dont les ultra-nationalistes nippons ont méthodiquement cherché à anéantir la culture et toute trace de l’influence sur l’histoire de l’Archipel***.

Les libérateurs de la Corée auront décidément marqué l’histoire de ce pays : si le Japon a pu amorcer sa recherche d’espace vital en Extrême-Orient au début du XXe siècle, il le doit à un Yalta conclu entre les deux mêmes maîtres du Pacifique (en substance : le Japon ferme les yeux sur les Philippines, les Etats-Unis laissent le Japon prendre ses aises sur la région).

Si les thèses fascistes et militaristes sont de retour au pays du Soleil levant et les ultra-nationalistes peuvent, sans la moindre réaction du grand public, obtenir de leur gouvernement des initiatives révisionnistes aussi scandaleuses que celle-ci, c’est bien parce que le Japon n’a pas encore commencé l’indispensable travail de mémoire qui a fait de l’Allemagne d’après-guerre une démocratie modèle.

J’ai un profond respect pour le Japon, mais ces dérives ne sont plus acceptables. Il est grand temps que son peuple se réveille et que ce pays se décide à assumer son passé pour appréhender plus sereinement l’avenir.

A cet effet, l’éducation joue évidemment un rôle crucial, et il serait préférable de ne pas la laisser aux mains des nostalgiques de la période la plus sombre de l’Histoire de ce grand pays.


http://www.japoninfos.com/Revisionnisme ... -a-la.html


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 Sujet du message: Re: Mettre fin aux distorsions historiques, un combat inachevé
MessagePosté: 24 Nov 2009, 10:52 
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Chene Millénaire
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Ah finalement tu as été chercher les réponses toute seule :mrgreen:

Cet article est pas mal, je pense que tu as saisi ce que je voulais dire?

Leur revendication de Dokdo, c'est comme la cerise sur le gâteau... Pour comprendre, il faut avoir compris tout ce qu'il y a derrière.

"Si les thèses fascistes et militaristes sont de retour au pays du Soleil levant et les ultra-nationalistes peuvent, sans la moindre réaction du grand public, obtenir de leur gouvernement des initiatives révisionnistes aussi scandaleuses que celle-ci, c’est bien parce que le Japon n’a pas encore commencé l’indispensable travail de mémoire qui a fait de l’Allemagne d’après-guerre une démocratie modèle."

> Je sais pas si tu étais au courant, j'ai l'impression que les gens ne le sont pas, mais imagine que les allemands célèbrent officiellement chaque année la mort d'Hitler, rien que l'idée paraît scandaleusement impensable.
Pourtant au Japon, on continue de "rendre hommage" à ces criminels par un jour de deuil national.

Il y a des livres terribles sur l'occupation japonaise en Corée, que je n'ai pas le courage d'ouvrir pour l'instant.

Enfin voilà, je n'ai pas de ressentiment de haine exacerbé, tout ça n'empêche pas que j'ai des potes japonaises, simplement, il y a des choses dont il faut être conscient.

Et je comprends bien que ça ne vous touche pas "personnellement" comme ça me touche moi.

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 Sujet du message: Re: Mettre fin aux distorsions historiques, un combat inachevé
MessagePosté: 24 Nov 2009, 20:00 
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Chene Millénaire
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bah oui j'ai cherché :lol: mais je voulais que ce soit toi qui le dise :lol: et à moins que j'interprète mal, il me semble que c'était aussi le sens du post de Titi "on ne sait pas où tu veux en venir"
c'est vrai que ça nous touche moins que toi, en apparence :roll: parce que la montée des fascismes un peu partout ça devrait en faire réfléchir quelques uns, ça arrive pas comme ça par hasard :roll:
et puis j'aime bien l'Histoire, je pense que si je n'avais pas fait une fac de langues j'aurais fait une fac d'Histoire (la Géo me gavait un peu :mrgreen: ) et surtout j'aime bien la redécouvrir maintenant, avec l'âge on ne comprend pas les choses de la même manière :mrgreen:
donc au final merci même si au départ ton histoire d'îles semblait "futile" :wink:


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 Sujet du message: Re: Mettre fin aux distorsions historiques, un combat inachevé
MessagePosté: 24 Nov 2009, 20:04 
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christine a écrit:
c'est vrai que ça nous touche moins que toi, en apparence :roll: parce que la montée des fascismes un peu partout ça devrait en faire réfléchir quelques uns, ça arrive pas comme ça par hasard :roll:


Oui... c'était le but du post de départ.

christine a écrit:
donc au final merci même si au départ ton histoire d'îles semblait "futile" :wink:


De rien et bonne soirée à toi.

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 Sujet du message: Re: Mettre fin aux distorsions historiques, un combat inachevé
MessagePosté: 24 Nov 2009, 20:27 
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Arbuste

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[quote="anne"]

"Si les thèses fascistes et militaristes sont de retour au pays du Soleil levant et les ultra-nationalistes peuvent, sans la moindre réaction du grand public, obtenir de leur gouvernement des initiatives révisionnistes aussi scandaleuses que celle-ci, c’est bien parce que le Japon n’a pas encore commencé l’indispensable travail de mémoire qui a fait de l’Allemagne d’après-guerre une démocratie modèle."

quote]

Houlà!!! attention là. Je peux comprendre ta rancoeur légitime. C'est vrai qu'une petite frange de la population Japonnaise vit encore avec des rêves impérialistes dans le plus mauvais sens du terme (y'en a t il d'aileurs un bon...de sens). Mais ces rêves et ces thèses ne sont pas de retours, elles ont finalement toujours existé au Japon. Donc ). A mon avis ce n'est ni mieux, ni pire qu'avant.
Maintenant dans une comparaison liberté, repression Japon/Corée du sud, je ne me risquerai pas de citer la Corée en exemple. Les étudiants de ce pays non plus je pense. Je ne sais pas si le Japon ne serait pas d'ailleurs un peu en avance.
Maintenant je n'ai mis les pieds dans aucun de ces pays. Et pas seulement à cause de la nourriture...... :mrgreen: ( ça c'est juste une blague, bien-sûr!)

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 Sujet du message: Re: Mettre fin aux distorsions historiques, un combat inachevé
MessagePosté: 24 Nov 2009, 20:41 
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Chene Millénaire
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A quoi fais-tu allusion quand tu parles des étudiants coréens?
Je voudrais bien savoir.

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 Sujet du message: Re: Mettre fin aux distorsions historiques, un combat inachevé
MessagePosté: 24 Nov 2009, 20:57 
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Chene Millénaire
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un extrait d'un article de Philippe Pons paru dans le monde diplomatique (qui normalement ne raconte pas trop de myto :roll: non? )
Citation:
Octobre 2001
Controverses sur l’histoire en Asie

Le négationnisme dans les mangas
La visite, en août 2001, du premier ministre japonais au sanctuaire de Yasukuni, où reposent de véritables criminels de guerre, a relancé la polémique sur un courant révisionniste très en vogue. Dans cette remise en cause des atrocités commises par les troupes impériales en Asie, certains mangas jouent un rôle décisif.

Depuis une dizaine d’années déferle sur le Japon une vague « révisionniste », qui rejette avec virulence la version de l’histoire nationale mettant l’accent sur les responsabilités du pays dans la « guerre de la Grande Asie » (1930-1945). Un expansionnisme qui avait débuté avec l’annexion de Taïwan en 1895 et de la Corée en 1910, puis la création de l’Etat fantoche de Mandchoukouo en 1931 (1).

Bénéficiant d’un écho dans une partie de la grande presse, le révisionnisme cherche à s’imposer sur le marché des manuels scolaires après être entré en force sur celui de la bande dessinée (manga), médium de masse s’il en est.

[...] le révisionnisme a fait une entrée remarquée dans la bande dessinée avec Yoshinori Kobayashi, dont les albums appellent à un « nouvel orgueillisme » (shin gomanizumu), néologisme récurrent de ses publications qui connaissent un immense succès (lire « Quand le Japon “oublie” ses crimes »).

[...]Yoshinori Kobayashi (quarante-huit ans) était déjà connu. Il devait sa renommée à une carrière de contestataire : au début des années 1990, il avait dénoncé l’Etat dans l’affaire du sang contaminé qui infecta les hémophiles, puis la secte Aum Shinrikyo (responsable de l’attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en mars 1995). C’est au milieu des années 1990 qu’il rejoint le courant révisionniste formé autour de l’Ecole pour une vision libérale de l’histoire dirigée par le professeur de pédagogie à l’université de Tokyo, Nobukatsu Fujioka. Il est également membre de l’Association pour le renouveau des manuels d’histoire, formée en 1997 autour de Kanji Nishio, germaniste connu pour sa xénophobie anti-occidentale. Commentateur vedette à la télévision, Kobayashi joue volontiers les provocateurs, défendant ses positions avec un bagou de camelot.

Après la guerre du Pacifique, Kobayashi a pris Taïwan comme sujet de sa série du « nouvel orgueillisme ». Traduit en chinois en février, son dernier album, De Taïwan (Taiwan ron), lui valut d’être déclaré persona non grata dans l’île pour quelques semaines. Son éloge de la colonisation de Taïwan par le Japon (1895-1945) avait été ressenti comme une « offense » par les autorités de Taïpeh.

[...]Le succès des BD de Kobayashi, comme celui des livres de ses amis révisionnistes, tel Ce que ne nous apprennent pas les manuels d’histoire (Kyokasho ga oshienai rekishi), de Nobukatsu Fujioka, s’explique par plusieurs raisons. D’abord, un renforcement de la droite nationaliste qui, depuis la fin de la guerre froide, n’hésite plus à apparaître au grand jour. Comptant des hommes politiques et des intellectuels, elle est soutenue par une partie des milieux d’affaires et des sectes religieuses, bénéficiant de la tribune de journaux comme le Sankei.

En arrière-plan d’une réhabilitation du passé destinée à restaurer dans la jeune génération un « sens de la Nation », qu’elle aurait perdu, par une exaltation de la supériorité de la civilisation japonaise, se profilent des enjeux qui dépassent les polémiques sur l’histoire : en particulier la révision de la Constitution, et notamment de son article 9, qui interdit au Japon le recours à la guerre et entrave sa participation à un système de défense régionale collective.

Le révisionnisme profite d’un climat d’inquiétude diffus provoqué par une crise économique dont le coût social commence à peine à se faire sentir. Une partie de l’opinion, fragilisée, est réceptive à son message : une réhabilitation du passé permettant de se replier sur les valeurs traditionnelles d’un « beau Japon » et de résister du même coup à la mondialisation en affirmant une spécificité culturelle, qui fut toujours le discours refuge du Japon depuis son ouverture sur l’étranger au XIXe siècle.

En bons populistes, les révisionnistes savent répondre à l’attirance des Japonais pour l’histoire « contée » : le roman historique est une grande veine de la littérature populaire, comme en témoigne l’énorme succès de Ryutaro Shiba (décédé en 1996), talentueux explorateur de la mémoire nationale (3). Sans jamais atteindre - même lointainement - la qualité des grands romans historiques, les BD de Kobayashi fourmillent d’anecdotes qui ravissent le grand public.

Ce qui fait défaut actuellement au Japon, dont les historiens ont exploré les pages les plus sombres du passé national, c’est une histoire destinée au grand public, capable de faire pendant à un négationnisme qui tend à tenir le haut du pavé du marché médiatique.

Philippe Pons.

http://www.monde-diplomatique.fr/2001/10/PONS/15646


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