Je vous retranscris et vous propose un exercice d'écriture sur le thème de la dystopie.
A partir d'un objet, un appareil ménager qui se grippe, tombe en panne ou se détraque, inventez une suite dans laquelle un personnage (Maurice Guinot, on l'appelle) perdrait un temps précieux, verrait son quotidien modifié etc...
vous pouvez le faire en live, aussi. Samedi dernier, je l'ai fait. Contraintes : On avait
40 minutes, pas plus. Et pas plus de 1 page recto -verso ou 2 pages pour ceux qui ne savent pas se freiner
Voilà le mien, retranscris sans rien changer. Même les maladresses ; c'était la première fois que je participais, donc....voilà
"Bonjour ! Vous écoutez KB six/sept, il est 6h03 du matin.
Maurice Guinot se réveilla en sursaut, comme tous les matins dans son studio.
D'un claquement de doigts, il mit en marche le système automatique de sa cafetière multifonctions et s'assit sur le bord de son lit en attendant son breuvage.
Il se tourna vers le mur et dit "jour". Les volets automatiques se levèrent. Le ciel était blanc, sans nuages. D'un autre claquement de doigts, l'écran holographique s'alluma. Une voix féminine extrèmement suave résonna ; "Bonjour Maurice. Bien dormi ? Je l'espère car il faudra avoir l'esprit limpide pour la visite de Signor Juan - Karl Nocivas à la Banque. Es-tu prêt ?
En guise de réponse, Guinot se servit un café serré et se mit à angoisser. Chaque fois que Nocivas séjournait en ville, il inspectait méthodiquement toutes les banques.
Chassant toute pensée parasite de son esprit, Maurice se dirigea vers la salle de bains et prit sa douche. Il considéra avec fierté le dispositif massant-lavant-sèchant dernier cri qu'il s'était offert grâce à sa prime d'assiduité.
Quelle aubaine, ce job, se dit-il en se brossant les dents. Qui de nos jours peut rêver commencer à 6h45, avoir 20minutes de pause-déjeuner et rentrer chez soi à 22 heures ?
Galvanisé par ces pensées, Guinot choisit un costume clair et sobre pour l'occasion.
[A PARTIR D'ICI, IL ME RESTAIT 5 MINUTES ]
La voix de l'hologramme l'avertit qu'il disposait encore de 10 minutes pour quitter son domicile.
Fin prêt, Guinot claqua dans ses mains pour rétracterle lit et accéder à sa valisette.
Rien ne produisit.
Guinot claqua une seconde-fois. Rien. Il claqua plus fort, toujours rien.
Un peu agacé, il se résolut à actionner le lit manuellement. Il appuya sur un bouton mais au lieu de commander la rétroaction du lit, ce dernier pivota tête-bêche.
Guinot était énervé. Il questionna, angoissé, l'holodateur. Plus que 5 minutes !
Il détesta se mettre à quattre pattes et tenter d'attraper sa valise si précieuse. Organisé comme il l'était, il l'avait repoussé vers le mur afin de ne pas encombrer le studio. Impossible de l'atteindre ! Il regarda autour de lui : la cafetière, l'écran...Si seulement il y avait quelqu'un dans cet appartement froid et dénudé, une femme, une bonne ou même un livreur...
Pourtant elle était là, si près, contenant les preuves qui le disculpaient des accusations de Nocivas et qui par la même occasition lui permettait une fois toutes de prouver son dévouement à la filiale.
Il claqua et claqua encore dans ses mains. La voix de l'holograme lui dit : "Trop tard, Maurice..."