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 Sujet du message: Banlieue.
MessagePosté: 05 Fév 2009, 22:11 
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Arbre Solide
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Inscription: 27 Juin 2007, 17:59
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21.10.2007

Le rêve, possible encore, dans le poing qui se lève (sans s'abattre)

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Voilà plus de trois ans que les mots servent de lances et d’obus. Etait-ce le début, en juillet 2002, à l’Assemblée Nationale, lors des débats sur la loi d’orientation sur la sécurité intérieure ? Le ministre, déjà le même, tenait à la tribune des propos guerriers pour présenter un texte aux intentions manifestement belliqueuses. Je lui ai dit alors qu’il préparait la guerre civile en France. Il a réagi en monarque susceptible mais offensif, me signifiant que ni ma qualité de femme ni mon appartenance aux ‘DOM-TOM’ ne m’autorisaient à lui parler ainsi.

En une phrase, il avait posé la préséance virile et révélé son tropisme obsessionnel sur l’origine des personnes. La charge de cavalerie verbale s’est poursuivie depuis, fabriquant la légitimité des assauts par les actes tels que les traques dans les halls d’immeubles, le bourrage des prisons, le démantèlement de la police de proximité, le démaillage social par l’asphyxie du réseau des éducateurs et médiateurs. Mais le ministre n’est pas seul en cause. Tous ceux qui l’ont flatté, craint ou admiré dans ses numéros de saltimbanque narcissique partagent avec lui la responsabilité d’avoir creusé dans le cœur de millions de Français de tous âges un sillon d’amertume et de rancœur. Les plus vieux amortissent. Ceux qui sont dans la fleur de l’âge serrent les dents et les poings. Les plus jeunes n’acceptent pas qu’ayant pourri leur avenir après avoir abîmé leur présent, l’on puisse impunément y ajouter l’humiliation, la provocation, le mépris.

Aujourd’hui, la parole publique française est superstitieuse. Elle a peur de nommer la nature des choses et croit conjurer ainsi les malheurs qu’elle se prépare. Elle entonne le refrain des malfrats de banlieue qui organisent le désordre pour s’assurer le contrôle des territoires. Ces malfrats sont l’alibi éculé de la défausse pour économiser des actions publiques, en refoulant la justice sociale, l’éducation, la culture au rang de colifichets pour Elus avachis. On sait que les bandits aspirent, comme les délinquants en col blanc, à la stabilité et à la tranquillité, qu’ils ont besoin que la police et la justice regardent ailleurs.

La parole publique est radoteuse, délibérément trompeuse. Car il est certain que si ces malfrats étaient combattus par temps calme et qu’étaient éradiqués les trafics de stupéfiants et d’armes qui narguent et fissurent l’état de droit, disparaîtrait alors le précieux prétexte qui permet d’absoudre les défaillances d’Etat et de caillasser ‘la racaille’ globalisée, sans état d’âme, avec l’arrogance du bon droit abritée derrière ‘la force injuste de la loi’. Dans ce jeu pervers, la responsabilité des Politiques est énorme. Elle est à droite, massivement, cynique. Elle est à gauche, lamentablement, pusillanime. Consensuelle sur l’ordre à rétablir. Quel ordre ? Celui de la discrimination, de la relégation, du préjugé de couleur, de la culpabilité ethnique ?

Même leurs efforts pour compatir sont pathétiques ! Ils parlent, en passant, presque en courant, de la mort regrettable de deux adolescents. C’est la faute à ‘pas de chance’. Que savent-ils des éclats tranchants qui lacèrent les cœurs devant ces destins concassés ? Que comprennent-ils de l’inquiétude au quotidien de ces mères, de ces pères obstinément attelés à dispenser une éducation que les injustices sociales rendent obsolète ? Que perçoivent-ils de ce génie de la dérision qui rend les privations supportables ? Qu’entendent-ils des angoisses familiales lorsque ces enfants trompent la vigilance pour aller respirer dehors, en quête de l’espace qui manque dans les appartements exigus, de l’air de liberté qui donne de l’insouciance, de la camaraderie qui déroute la désespérance ? Que devinent-ils de l’immense béance laissée par ces deux enfants qui ne rentreront plus, ne bouderont plus, ne traîneront plus au lit le matin, occupés à prolonger les rêves de la nuit à l’heure de l’école, de cette école qui ne fait plus rêver ? Quelle part consentent-ils à prendre dans l’engrenage tragique des dérives en zones désécurisées où un enfant perd son père en un éclair dramatique ?

La parole publique est foireuse. Elle doit redevenir courageuse et audacieuse. Et se hisser à la hauteur des défis posés : faire vivre ensemble sur le même territoire, avec la conscience d’un destin commun, ceux que les friches industrielles et les reconversions agricoles ont fracassés, ceux que l’on prend pour des étrangers et qui sont les enfants de France, sans pays de rechange, et réserver à tous autant d’égards qu’à ceux qui dictent au monde son rythme et sa direction depuis les balcons de la Bourse. Des égards et de la justice, au nom d’une République exigeante et juste, d’une République qui nous respecte.


Christiane Taubira.


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 Sujet du message: Re: Banlieue.
MessagePosté: 05 Fév 2009, 22:22 
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En Floraison

Inscription: 17 Avr 2008, 14:34
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Franchement, Raspect pour ce texte !

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Parce que nous n'avons pas choisi d'exister, parce que nous ne croyons pas à la réalité que l'on nous impose, fruit d'une idéologie que nous refusons, parce que la souffrance et les injustices qui nous touchent et nous entourent sont multiples, violentes et indéniables, parce que nous assumons pleinement la liberté qui fonde l'existence humaine et que chacune de nos actions est faite en son nom, aujourd'hui, nous décidons de sortir des sous terrains sociaux où l'on nous cantonne et exigeons de l'état français l'autonomie politique du 93.

L'histoire ne peut démentir la longue et constante dégradation de nos conditions de vie et d'habitats et la misère sociale se trouve désormais pérennisée par un appauvrissement culturel et intellectuel des masses voulu et contrôlé par la logique de consommation du néocapitalisme. La situation est à l'évidence bloquée, verrouillée de manière consciencieuse et l'heure n'est malheureusement plus à l'analyse.

Nous ne sommes pas un parti, encore moins un lobby, nous sommes des artistes libres qui avons choisi en conscience de résister au système voulant nous empêcher de créer, qualifiant nos oeuvres de subversives. Pour certains le règne de l'injustice est supportable, pour nous il ne l'est pas. Ce n'est pas notre faute. Intérieurement, et parfois publiquement, cela fait longtemps que nous ne reconnaissons plus l'ensemble des lois votées par le parlement et contestons l'autorité suprême du président de la république sur notre territoire. A ce titre, nous avertissons les autorités qu'il est fort probable que nous envisagions à un moment ou un autre le recours à des actions illégales dans le cadre d'un mouvement unitaire de désobéissance anarchiste.

Nous avons conscience que notre département n'est pas un cas unique et que d'autres banlieues et provinces restent étouffées par l'oppresseur et sa junte. Nous savons que partout en France et dans le monde le peuple nous regarde et que des rappeurs sont aussi dans la lutte. Dès lors tous ceux qui se reconnaissent dans notre combat sont invités à nous rejoindre pour mettre en place les conditions de l'utopie concrète et préparer l'indépendance de leur région d'origine. Le 93 constituerait dans un premier temps le laboratoire de notre révolution prônant entre autre l'autogestion, la décroissance, l'accès aux drogues et le sexe libre dans un cadre de vie agréable. Etant depuis des décennies le département le plus touché par toutes les formes d'injustices, de discriminations et de privations, il nous semble raisonnable de faire de la Seine Saint Denis l'épicentre de la contestation libertaire et du partage des richesses. C'est à la fois une nécessité et un symbole.

Ce communiqué n'est pas écrit de gaîté de coeur et nous aurions préféré que les choses se passent autrement, toutefois, étant donné qu'il n'est plus tolérable de supporter les humiliations systématiques, que notre imaginaire et notre subjectivité nous apparaissent comme les seuls points de repère fiables et véritables, nous affirmons notre détermination à lutter à travers ce texte et l'ensemble de nos --uvres artistiques contre la compétition, la compétitivité, les normes absurdes et la bureaucratie kafkaïenne. Nous ne tolérons plus les mensonges et les masques qui sont le fondement de l'ordre arbitraire et brutal. Les grands artistes et penseurs qui ont fait avancer les civilisations humaines ont toujours contesté et refusé les sociétés qui, de leur vivant, les maintenaient en marge. Ces hommes et ces femmes guident nos actes et nos parcours, nous comprenons et nous ressentons leurs --uvres avec empathie et violence ; c'est donc avec tristesse et rage que nous regardons leur sens être minoré et instrumentalisé par des institutions qui font passer leur révolte pour un simple folklore. Nous ne comprenons pas, et ce malgré des efforts soutenus de compréhension et d'adaptation, pourquoi et de quel droit nous devrions nous soumettre à un système qui exige de nous les pires reniements éthiques pour se perpétuer. Nous avons conscience qu'à chaque instant, chacune de nos actions est déterminée par un impératif moral impliquant l'humanité toute entière, cette responsabilité nous écrase et nous pousse à agir en conséquence.

C'est pourquoi, et ce dans les plus brefs délais, nous exigeons l'autonomie du 93, afin de repenser librement, affranchis des exigences absurdes et des contraintes injustes, les modes d'organisation de la société contemporaine. Ceux qui comprennent nos oeuvres et entendent la voix de nos rêves comprendront, les autres, en connaissance de cause, devront prendre leur responsabilité.

Devenons qui nous sommes. Vive le 93 libre !

E.one de Eskicit & Skalpel de la K.bine

NB : Ce document n'est pas un programme politique mais un manifeste poétique. En tant qu'artistes nous ne pouvons faire autrement que prôner l'irresponsabilité dans ce monde sérieux. « L'utopie n'est pas un rêve, elle est ce qui manque à nos vies ». Pour plus de développement les albums de Eskicit (Immortel) et Skalpel (Kommando Malik) sont disponibles sur www.bboykonsian.com.


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 Sujet du message: Re: Banlieue.
MessagePosté: 06 Fév 2009, 10:12 
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Chene Millénaire
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Ceux qui sont dans la fleur de l’âge serrent les dents et les poings. Les plus jeunes n’acceptent pas qu’ayant pourri leur avenir après avoir abîmé leur présent, l’on puisse impunément y ajouter l’humiliation, la provocation, le mépris.

yeah je vais la retenir, celle là.

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 Sujet du message: Re: Banlieue.
MessagePosté: 29 Avr 2009, 15:54 
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bonjour à tous.
D'abord merci à sinse de respecter notre vie privée!

quand tu dis "on nous humilie" qui nous humilie? Qui est humilié? et pourquoi?

Spéciale mention pour le retour des coboys qui a une vertue cathartique et qui ne stigmatise pas toute une population mais bien certains individus minoritaires.

D'ailleurs une autre question est ce que qqn a un truc pour eviter les embrouilles avec les cowboys?

Vos réponses peuvent etre utiles.

en ce qui me concerne j'ai pas eu d'emmerde avec des méchants cowboys mais j'ai déja vu des gens qui regardaient ailleurs (par terre c'est deja le pls "nulle part" possible) et ces gens se sont fait envoyer des "quoi? qu'est ce qui a?" alors qu'ils avaint RIEN fait... truc de ouf que j'aimerais bien piger.


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 Sujet du message: Re: Banlieue.
MessagePosté: 29 Avr 2009, 17:20 
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En Floraison
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Tu ferais pas un vieil amalgame entre les banlieusards et les méchants toi par hasard ?

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 Sujet du message: Re: Banlieue.
MessagePosté: 29 Avr 2009, 17:52 
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Chene Millénaire
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J'avoue que j'ai pas pigé non plus.

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